14 septembre 2016

ailleurs

2016-09-14 23

 

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22 août 2016

Envie

 

Moi, le mou ça m'emmerde, la petite mélodie, ça m'ennuie.
Avec moi faut que ça cogne, que ca pète à la Wagner, que ça soit fort, faut que je baffre, que je m'en mette jusque-là.
Et ben, avec les filles c'est pareil.
Moi, la dragouille qui traînasse, un pas en avant deux pas en arrière, tout ça, on s'appelle, on se prend un café, ça me laisse froid.
Je ne comprends pas les gens qui ont besoin de se jauger, de se tourner autour, de se renifler le cul pendant des semaines.
Avec moi, faut se donner à fond, sans chichi, sans pudeur, avec l'envie, putain, l'envie!
Les gens qui donnent au compte-gouttes, je ne comprend pas. Ca ne m'intéresse pas, ca me fait piquer du nez.
Moi, je préfère une fille que je ne vois qu'une fois par mois mais, quand elle me voit, bouffe son poulet à pleines dents, boit jusqu'à plus soif, me saute dessus et me fait valser les fringues, et reboit un bon coup d'une traite avant de jerker à poil sur mon lit et me ressaute dessus et papote jusqu'à s'endormir au milieu d'une phrase à huit heures du mat, je la préfère à celle qui va me proposer un petit caoua entre deux rendez-vous ou passer me claquer une bise sur les coups des huit heures juste avant d'enquiller sur autre chose, ou qui me donne un petit coup de bigo en allant se faire épiler le maillot et re un petit coup de bigo en achetant ses brocolis, genre je pense à toi tout le temps.
Je m'en fous, moi, qu'elle pense à moi, la fille, ce que je veux, moi, c'est que quand elle vient me voir, elle ait envie, bordel, envie de me voir, envie de moi, envie d'être là, avec moi, mais vraiment envie, une envie qui se voit sur son visage tout entier parce-que moi, ce que j'aime par dessus tout, c'est ça, c'est avoir envie.
Je ne connais rien de plus vivant que l'envie, on dira ce qu'on voudra, mais il n'y a rien de plus vivant que quand on a le désir qui frétille, que quand on désire à trépigner sur place, que quand on en peut plus de se palper les corps, ou même que quand on n'en peut juste plus d'être avec quelqu'un, qu'on attendait ça depuis longtemps, et que ce moment-là, rien au monde ne pourra l'abîmer.
Alors les sentiments, le feeling, d'accord, m'enfin, c'est quand même en dessous, les trucs en commun, les esprits qui se rencontrent, les signaux lumineux, tout ça, oui, ça compte, d'accord, je ne dis pas, mais si il n'y a pas l'envie au dessus de ça, c'est mou , c'est fade.
Des filles avec qui je m'entends bien, j'en trouve treize à le douzaine, des filles qui me font marrer ou qui m'intéressent aussi, mais des filles avec qui j'ai envie, c'est quand même plus rare.
Le problème avec l'envie, c'est que tu te montres dans ce que tu as de plus à poil, dans ce que tu as de plus à toi, alors c'est risqué, c'est sûr, parce-que la fille, elle est peut-être pas accordée comme toi, et là elle te regarde avec ton envie qui l'encombre et qui lui fait croire que t'es fou d'amour, alors que t'es juste fou d'envie, que t'as juste envie de vivre le moment sans calculer, sans faire des petits totaux sur ce que ça veut dire ou que ca représente, et que ton truc à toi, c'est de prendre ce moment comme tu prends un bain de minuit, à courir à poil sur la plage en criant comme un con et te jeter dans l'eau noir sans te demander si tu vas te prendre un rocher.
Mais les gens, avec l'amour, je ne sais pas, je les trouve super-prudents, pas que les filles, hein, les gens.
C'est marrant, comme s'ils ne pensaient qu'à ce que peut faire mal et pas qu'à ce qui peut faire du bien. Même si c'est un bien qui ne dure qu'une nuit. Une nuit ou vingt ans, qu'est-ce-que ça peut foutre. Si cette nuit elle t'en raconte autant que la bible, moi je prends.

 

David Thomas, La patience des buffles sous la pluie

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27 décembre 2015

La Peau cette inconnue

 

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 La peau, cette inconnue – un chef d’œuvre inconnu

 

Peau à peau

à la naissance

La venue au jour dans un grand vide est compensée dans sa violence par un contact à la peau.

Chaude, éprouvée, transpirante, familière, celle de la mère, rassurante,

béante sur le monde.

Un jour

 

Peau de chagrin

S'atrophie dans les désirs réduisant ta vie,

Remplit ta vie,

Peau maudite.

Désirée puis maudite

Épuisée puis destructrice

Sensible puis froide

Douce puis âpre

Fraîche puis fripée

Parfumée puis pourrie

 

La chair est faible.

La peau se défait.

Une défaite remportée par avance.

 

De troubles en trous noirs

 

Ta peau

Dépouille sur le squelette de nos amours,

mémoire des contacts vivants,

plus jamais je ne la toucherai,

ogre de mes nuit

 

Inconnue après milliers d'explorations,

Jamais plus l'île de mon errance.

Furtive, échappant à tout assaut, elle n'est que surface,

 

Extra protection surface

 

Je la découvre malgré tout et, je vois la beauté sans filtres.

Je la vois, lueur étincelante dans l'atelier froid réchauffé par une toison de tigre étalée au sol devant une toile où se distinguent les contours parfaits d'un pied de femme, nu, délicat, cambré. Le reste du corps manque.

Autour, un flou

 

La plus belle chose ayant jamais été créée jusqu'alors.

Sublime voile à ta chair, avec ses aspérités, son grain unique, sa texture fine, son odeur désarmante.

 

Impossible à retranscrire en matières, en mots

 

Quand tu ouvres les yeux sur moi, je voudrais être le soleil à ta fenêtre,

la lumière que tu choisis.

 

Je connais ton visage,

la moindre de tes veines,

le rythme de ton souffle,

le moindre de tes doutes,

un secret sous cet épiderme aimé jusqu'à ce que mort s'ensuive.

 

Dans le clair-obscur de l'atelier, plantée là, ta simple nudité me violente au regard de la fourrure inerte du tigre.

Voiler ma face ou y mettre le feu, sous ma peau, dans mes yeux.

Je ne vois plus rien, ta chair fait écran à ma vision, je ne peux plus penser, elle m'intoxique d'une douceur inopérante qui t'est propre.

Comment m'en tirer ?

 

Immobiles, statues de marbre parmi les couleurs calmes et éparses, seuls nos yeux brillent dans cette bulle figée.

Si tu esquisses un seul mouvement (cutané) mon âme est sauve, je brûlerai le contrat, je n'irai pas jusqu'au bout de mes désirs, je réduirai ce cuir à néant, puis, plus Rien.

 

Tu ne bouges pas.

Rien ne bouge dans ce corps.

Y-a t-il une personne là-dessous ?

Sous ce derme.

Le tigre paraît plus vivant que toi.

Qui es-tu, créature divine ?

Création de mon imagination ?

 

 

Je vais rendre mon dernier souffle, perdre mon unique vie pour ta peau, cette inconnue.

 

 

 

 

 

Inachevée

 

 

 

 

 

 

© SP 

( La_Peau_cette_inconnue en pdf ) 

 

*D'après Le chef d'oeuvre inconnu et La Peau de chagrin - de BALZAC

ainsi que la peinture de Patrice BALVAY

Extraits du Testament de B. dans le cadre de l'exposition After Frenopher, à l'école d'arts du Havre l'ESADHAR, 17.12.2015

 

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